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Guide · Fiscalité

Fiscalité en Andorre :
le guide complet 2026.

Impôts sur les sociétés et sur le revenu, IGI, cotisations sociales, dividendes, plus-values, fortune, succession, immobilier, calendrier fiscal : tout ce qu’il faut savoir sur la fiscalité andorrane, à jour des réformes 2026.

Guide pilier15 min de lectureMis à jour le 5 juillet 2026

L’Andorre applique l’une des fiscalités les plus douces d’Europe — mais c’est aussi un État coopératif et transparent, doté de véritables impôts et de conventions internationales. Voici le panorama complet et à jour 2026, chiffres officiels à l’appui : barèmes, mécanique de calcul, exemples chiffrés, cotisations sociales et calendrier des obligations.

Un système simple, lisible et léger

Trois impôts structurent la fiscalité andorrane : l’impôt sur les sociétés (IS), l’impôt sur le revenu (IRPF) et l’IGI (l’équivalent de la TVA). Tous sont plafonnés à des taux très bas. S’y ajoutent des cotisations sociales modérées (la CASS) et quelques taxes communales d’ampleur limitée. À cela répond une absence notable : ni impôt sur la fortune, ni droits de succession ou de donation. L’ensemble tient en quelques pages de barèmes — un contraste saisissant avec la stratification fiscale française.

L’impôt sur les sociétés (IS) : 10 %

Le taux général de l’IS est de 10 % sur le bénéfice — contre 25 % en France (taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice). Depuis la Llei 5/2023, une imposition minimale effective de 3 % s’applique, ce qui garantit la crédibilité du régime au regard des standards internationaux. Les dividendes de source andorrane distribués à un résident sont exonérés d’IRPF, ce qui évite la double imposition économique du bénéfice : un résultat de société, une fois l’IS de 10 % acquitté, peut être distribué sans frottement supplémentaire. Découvrez nos solutions de création de société et de holding.

L’impôt sur le revenu (IRPF) : de 0 à 10 %

L’IRPF andorran est l’un des plus avantageux d’Europe. Son barème tient en trois lignes :

Revenu annuel imposableTaux nominalTaux effectif
Jusqu’à 24 000 €0 %0 % (abattement de base)
De 24 000 à 40 000 €10 % avec bonification≈ 5 % sur la tranche
Au-delà de 40 000 €10 %tend vers 10 % sans jamais l’atteindre
Barème IRPF en vigueur en 2026. Le taux effectif reste toujours inférieur au taux nominal grâce à l’abattement et à la bonification.

La mécanique : abattement de 24 000 € + bonification

Le calcul repose sur deux amortisseurs. D’abord, un abattement général de 24 000 € : les premiers 24 000 € de revenu ne supportent aucun impôt. Ensuite, une bonification plafonnée à 800 € qui allège l’imposition de la tranche comprise entre 24 000 et 40 000 € — d’où le taux effectif d’environ 5 % sur cette portion. Pour un revenu supérieur à 40 000 €, la formule se résume ainsi : (revenu − 24 000 €) × 10 % − 800 €. Pas de quotient familial, pas de décote, pas de taux marginal caché : chacun peut calculer son impôt de tête.

Deux exemples chiffrés — et le même revenu en France

Revenu de 60 000 € : (60 000 − 24 000) × 10 % = 3 600 €, moins la bonification de 800 €, soit 2 800 € d’IRPF — un taux effectif d’environ 4,7 %. En France, le barème 2026 (tranches à 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %, seuils à 11 600 €, 29 579 €, 84 577 € et 181 917 €) appliqué au même revenu pour un célibataire (une part, avant décote et prélèvements sociaux) donne environ 11 100 €, soit ≈ 18,5 % effectif — près de quatre fois plus.

Revenu de 120 000 € : (120 000 − 24 000) × 10 % − 800 = 8 800 € d’IRPF, soit ≈ 7,3 % effectif. Le même barème français 2026, dans les mêmes conditions, aboutit à environ 33 000 € (≈ 27,5 % effectif). Et plus le revenu s’élève, plus l’écart se creuse : le taux andorran est plafonné à 10 %, quand le taux marginal français grimpe jusqu’à 45 %, hors prélèvements sociaux.

Qui est résident fiscal en Andorre ?

Bénéficier de l’IRPF suppose d’être résident fiscal andorran : une présence effective d’au moins 183 jours par an sur le territoire, ou le fait d’y ancrer le centre de ses intérêts économiques. Deux voies y mènent. La résidence active concerne ceux qui vivent et travaillent réellement en Andorre — dirigeants, salariés, professions libérales — avec affiliation à la CASS. La résidence passive s’adresse aux investisseurs : elle requiert un investissement de 1 000 000 € (ou 800 000 € en immobilier, ou 400 000 € via le Fons de l’Habitatge), un dépôt de 50 000 € auprès de l’AFA (majoré de 12 000 € par personne à charge), des revenus d’au moins 300 % du salaire minimum et une présence minimale de 90 jours par an. Attention aux informations datées : l’ancien seuil de 600 000 €, encore affiché sur de nombreux sites, est obsolète depuis le 22 janvier 2026 (Llei 2/2026). Notez enfin que, depuis avril 2026, un niveau A1 de catalan est demandé au premier renouvellement du permis de résidence active — un jalon linguistique très accessible. Tous les détails sur notre page résidence fiscale — et, pour une lecture orientée décision, ce que cela change pour vous.

Les cotisations sociales : la CASS, ≈ 22 % tout compris

L’impôt ne dit pas tout : le coût réel du travail inclut les cotisations sociales. En Andorre, la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS) prélève 6,5 % du salaire brut à la charge du salarié et 15,5 % à celle de l’employeur — soit ≈ 22 % au total, sensiblement en deçà des charges sociales françaises. Cette cotisation unique couvre à la fois la branche maladie et la retraite.

En contrepartie, la CASS rembourse 75 % des soins ambulatoires (consultations, analyses), 90 % des frais d’hospitalisation, et jusqu’à 100 % dans certaines situations (parcours de soins conventionné, affections de longue durée). Le système de santé andorran, adossé aux plateaux techniques français et espagnols voisins, figure régulièrement parmi les mieux notés au monde. Une complémentaire santé locale permet, pour ceux qui le souhaitent, de couvrir le ticket restant.

L’IGI : la TVA la plus basse d’Europe (4,5 %)

L’IGI (Impost General Indirecte) s’établit à 4,5 % au taux général, contre 20 % en France. Le système connaît plusieurs taux, tous inférieurs aux minima européens :

  • 0 % (taux super-réduit) : santé publique, éducation, certains services essentiels ;
  • 1 % : alimentation, eau, livres, journaux et magazines ;
  • 2,5 % : transport de personnes, culture, certains services touristiques ;
  • 4,5 % : le taux général, applicable par défaut ;
  • 9,5 % (taux majoré) : réservé aux services bancaires et financiers.

Point pratique pour les entrepreneurs : le seuil d’assujettissement est fixé à 40 000 € de chiffre d’affaires annuel. En deçà, l’activité peut rester hors du champ de l’IGI, ce qui allège d’autant les obligations déclaratives des toutes petites structures. Au-delà, l’IGI collecté se déclare selon une périodicité qui dépend du chiffre d’affaires (voir le calendrier ci-dessous).

Le calendrier fiscal andorran

Les échéances andorranes sont peu nombreuses et prévisibles — l’une des raisons pour lesquelles la conformité y est si simple à tenir :

  • IRPF : la déclaration se dépose entre le 1er avril et le 30 septembre de l’année qui suit l’exercice. Un salarié dont l’unique revenu a déjà été soumis à retenue peut même en être dispensé sous conditions.
  • Impôt sur les sociétés : la déclaration se présente dans le mois qui suit les six mois postérieurs à la clôture de l’exercice — soit en juillet pour une clôture au 31 décembre.
  • IGI : la liquidation est semestrielle (juillet et janvier) pour un chiffre d’affaires annuel inférieur à 250 000 €, trimestrielle (avril, juillet, octobre, janvier) entre 250 000 € et 3,6 M€, et mensuelle au-delà.

Là où une entreprise française jongle avec des dizaines d’échéances annuelles, une société andorrane standard en compte une poignée. Notre cabinet coordonne l’ensemble de ces dépôts avec notre cabinet comptable partenaire, afin que chaque échéance soit anticipée plutôt que subie.

Les impôts locaux : la fiscalité des comuns

Chaque paroisse (parròquia) est administrée par son comú, l’équivalent de la commune, qui perçoit quelques taxes locales : la traditionnelle taxe dite de foc i lloc (littéralement « feu et lieu », due par les résidents), des taxes sur la propriété bâtie et les rendements locatifs, ainsi que des redevances sur l’ouverture et l’enseigne des commerces. Leurs montants, fixés paroisse par paroisse, restent d’un ordre de grandeur modeste au regard de la taxe foncière française — ils se comptent en dizaines ou en centaines d’euros par an, non en milliers. Ils complètent le tableau sans en changer l’équilibre : la charge fiscale globale d’un résident andorran demeure dominée par l’IRPF, déjà plafonné à 10 %.

Ni impôt sur la fortune, ni droits de succession

L’Andorre ne connaît aucun impôt sur la fortune (pas d’équivalent de l’IFI), ni droits de succession ou de donation. C’est l’un de ses atouts patrimoniaux majeurs, notamment pour la transmission : un patrimoine constitué en Andorre se transmet aux héritiers sans frottement fiscal andorran, quelle qu’en soit la valeur. Voir l’optimisation patrimoniale.

Dividendes, plus-values et crypto-actifs : 10 % maximum

Les revenus de l’épargne suivent la même logique de plafonnement. Les dividendes de source andorrane sont, on l’a vu, exonérés pour le résident. Les autres revenus du capital et plus-values mobilières relèvent de l’IRPF, donc de son plafond de 10 %. Les crypto-actifs bénéficient d’un cadre clair depuis la loi 24/2022 : la simple détention n’est pas taxée (aucun impôt sur la fortune ne vient la frapper), et les plus-values de cession sont imposées à 10 % maximum via l’IRPF. À titre de comparaison, la France applique en 2026 une flat tax de 31,4 % aux plus-values sur actifs numériques comme aux dividendes (PFU relevé par la LFSS 2026 — ce n’est plus 30 %). Pour un investisseur, l’écart se passe de commentaire : à gain égal, la ponction andorrane est environ trois fois moindre.

Immobilier : la taxe sur l’investissement étranger (2026)

Depuis la Llei 2/2026 (en vigueur le 13 février 2026), l’acquisition immobilière par un investisseur étranger est soumise à une taxe de 6 % à 10 % selon le rang d’acquisition — avec une réduction pouvant atteindre −90 % lorsque le bien est mis en location en résidence principale sur le long terme. À la revente, la plus-value immobilière suit un barème dégressif vertueux : 15 % si la cession intervient dans l’année, puis un taux qui décroît chaque année jusqu’à 0 % après douze ans de détention — une prime nette à l’investissement de long terme. Comptez par ailleurs environ 5 % de frais d’acquisition, pour des prix moyens de l’ordre de 4 300 à 4 500 €/m². Détails dans notre guide acheter un bien immobilier en Andorre.

Quitter la France : convention fiscale et article 167 bis du CGI

Le passage d’une fiscalité à l’autre est balisé par la convention de non-double imposition franco-andorrane, signée le 2 avril 2013 et en vigueur depuis 2015. Elle fixe les critères qui départagent la résidence fiscale (foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel) et garantit qu’un même revenu n’est pas imposé deux fois. C’est elle qui donne au transfert de résidence sa sécurité juridique : un départ bien documenté — logement effectif, présence réelle, vie économique sur place — est opposable à l’administration française.

Un point mérite d’être anticipé pour les patrimoines mobiliers importants : l’article 167 bis du CGI prévoit, au départ de France, une imposition des plus-values latentes lorsque les titres détenus dépassent 800 000 €. C’est un dispositif qui s’anticipe très bien avec un dossier préparé : sursis de paiement, calendrier de cession et structuration adaptée se planifient avant le départ, pas après. C’est précisément le type de trajectoire que nous modélisons avec nos clients en amont de leur installation.

Andorre vs France : l’écart en un tableau

PrélèvementAndorreFrance
Impôt sur les sociétés10 %25 %
Impôt sur le revenu (max)10 %45 % (+ prélèvements sociaux)
Dividendes0 % (source AD)31,4 % (PFU 2026)
TVA / IGI4,5 %20 %
Impôt sur la fortuneNéantIFI jusqu’à 1,5 %
Droits de successionNéantJusqu’à 45 %
Taux 2026. Le prélèvement forfaitaire français sur dividendes est passé à 31,4 % au 1er janvier 2026 (LFSS 2026).

Un cadre transparent et conventionné

Contrairement à une idée reçue, l’Andorre n’est pas un paradis fiscal opaque. Le pays pratique l’échange automatique d’informations (CRS), n’est inscrit sur aucune liste noire, et a signé plus de 20 conventions de non-double imposition — dont avec la France (2 avril 2013, en vigueur depuis 2015), l’Espagne (2015) et le Portugal. L’avantage andorran est donc réel et reconnu à l’international.

À retenir

  • IS : 10 % (mini effectif 3 %) · dividendes de source andorrane exonérés
  • IRPF : 0 % jusqu’à 24 000 €, puis ≈5 % et 10 % max — 2 800 € d’impôt pour 60 000 € de revenu
  • CASS : ≈ 22 % (6,5 % salarié + 15,5 % employeur), remboursements 75/90/100 %
  • IGI (TVA) : 4,5 %, la plus basse d’Europe · assujettissement dès 40 000 € de CA
  • Plus-values et crypto-actifs : 10 % maximum (loi 24/2022), détention non taxée
  • Calendrier : IRPF d’avril à septembre, IS en juillet (clôture au 31 décembre)
  • Ni impôt sur la fortune, ni droits de succession
  • État coopératif : CRS + conventions (France, Espagne, Portugal…)

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Pour aller plus loin
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Quel est le taux d’impôt sur les sociétés en Andorre ?

10 % au taux général, avec une imposition minimale effective de 3 % (Llei 5/2023). Les dividendes de source andorrane sont exonérés.

Comment fonctionne l’impôt sur le revenu andorran ?

0 % jusqu’à 24 000 €, environ 5 % effectif entre 24 000 et 40 000 €, et 10 % au-delà. Pour un revenu de 60 000 €, l’impôt s’élève à 2 800 €, soit environ 4,7 % effectif. La résidence fiscale suppose 183 jours de présence par an.

Quand faut-il déclarer ses impôts en Andorre ?

La déclaration IRPF se dépose entre le 1er avril et le 30 septembre de l’année qui suit l’exercice. L’impôt sur les sociétés se déclare dans le mois qui suit les six mois postérieurs à la clôture, soit en juillet pour une clôture au 31 décembre. L’IGI se liquide semestriellement, trimestriellement ou mensuellement selon le chiffre d’affaires.

Quel est le montant des cotisations sociales (CASS) en Andorre ?

Environ 22 % du salaire brut au total : 6,5 % à la charge du salarié et 15,5 % à celle de l’employeur. En contrepartie, la CASS rembourse 75 % des soins ambulatoires, 90 % de l’hospitalisation et jusqu’à 100 % dans certaines situations.

Comment sont imposés les crypto-actifs en Andorre ?

La simple détention n’est pas taxée. Les plus-values de cession sont imposées à 10 % maximum via l’IRPF (loi 24/2022), contre une flat tax de 31,4 % en France en 2026.

L’Andorre est-elle un paradis fiscal ?

Non. L’Andorre pratique l’échange automatique d’informations (CRS), n’est sur aucune liste noire et a signé plus de 20 conventions de non-double imposition. Sa fiscalité est basse mais transparente.

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