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Balance en laiton entre salaire et dividendes sur le bureau d’un cabinet comptable andorran
Business · Guide

Salaire ou dividendes en Andorre :
ce qu’il vous reste vraiment.

Votre société andorrane dégage un résultat. Reste la question que tout dirigeant pose le premier jour : comment se le verser, et combien arrive réellement sur le compte personnel ? Réponse chiffrée, avec la règle qui change tout.

Business10 min de lectureMis à jour le 8 août 2026

En France, la question « salaire ou dividendes ? » est un arbitrage douloureux entre 45 % de charges sociales et 31,4 % de flat tax. En Andorre, elle change complètement de nature : les deux voies sont légères, et l’enjeu n’est plus de limiter la casse mais d’optimiser à la marge — quelques points de pourcentage qui, sur dix ans, représentent le prix d’un appartement.

Ce guide donne la mécanique complète, la règle d’or que nous appliquons à chaque dossier, et un chiffrage comparé sur un cas réel. Il s’adresse au dirigeant qui a — ou envisage — une société SL en Andorre et qui est, ou va devenir, résident fiscal andorran.

Les quatre prélèvements à connaître

Tout tient dans ce tableau. Il n’y a rien d’autre — pas de contribution additionnelle, pas de prélèvements sociaux sur les revenus du capital, pas d’impôt sur la fortune.

PrélèvementTauxAssiette
Impôt sur les sociétés (IS)10 %Le résultat de la société, après déduction de votre salaire.
Impôt sur le revenu (IRPF)0 / 5 / 10 %0 % jusqu’à 24 000 €, ≈ 5 % de 24 000 à 40 000 €, 10 % au-delà.
Dividendes de source andorrane0 %Exonérés d’IRPF chez l’associé résident fiscal andorran.
Cotisations sociales (CASS)22 %Sur une base plafonnée pour le travailleur pour compte propre.
Taux indicatifs 2026. Le taux d’IRPF effectif résulte d’un abattement de 24 000 € et d’une bonification plafonnée à 800 €.

Le dividende andorran est exonéré — vraiment

C’est le point de départ, et il surprend souvent. Les dividendes distribués par une société résidente fiscale d’Andorre à un associé lui-même résident fiscal andorran ne sont pas imposés à l’IRPF. Pas de taux réduit, pas d’abattement : une exonération.

La logique est classique : la société a déjà payé son impôt à 10 %, l’État andorran considère que le bénéfice a été imposé une fois et s’arrête là. Aucune double imposition économique, aucune retenue à la source. Sur 100 € de bénéfice, 10 € d’IS, 90 € de dividende, 0 € d’impôt personnel.

Une précision essentielle : l’exonération vise les dividendes de source andorrane, versés à un résident fiscal andorran. Un dividende étranger encaissé par un résident andorran, lui, entre dans la base de l’épargne au taux de 10 %. Et un dividende andorran versé à un non-résident sera imposé dans son pays de résidence, selon les règles locales.

La CASS : le paramètre que tout le monde oublie

C’est ici que se joue l’essentiel, et c’est le point le moins bien expliqué du marché. Le taux global de cotisation est de 22 % — mais l’assiette dépend entièrement de votre statut.

Compte d’autrui : 22 % du salaire réel

Le salarié classique cotise sur son salaire brut, sans plafond : 15,5 % à la charge de l’employeur et 6,5 % à la charge du salarié, répartis entre la branche maladie (10 %) et la branche vieillesse (12 %). Se verser 100 000 € de salaire dans ce régime coûte 22 000 € de cotisations.

Compte propre : 22 % d’une base plafonnée

Le dirigeant qui exerce une activité dans sa propre société relève en principe du régime des travailleurs pour compte propre. Et là, tout change : la base de cotisation n’est plus votre revenu réel. Elle est adossée au salaire moyen de cotisation du pays — de l’ordre de 2 670 € par mois en 2026 — et modulée par paliers (25 %, 50 %, 62,5 %, 75 %, 100 %) selon le chiffre d’affaires et le résultat, avec des paliers majorés (125 %, 137,5 %) au-delà de certains seuils.

Conséquence remarquable : au palier le plus élevé, la cotisation annuelle s’établit autour de 9 700 €. Que votre société dégage 150 000 € ou 500 000 € de résultat, elle ne bouge plus. Votre protection sociale est plafonnée en valeur absolue — une différence de nature, pas de degré, avec le système français.

Le classement se vérifie, il ne se suppose pas

Compte propre ou compte d’autrui : le rattachement dépend de votre participation au capital, de votre fonction et de la réalité de votre activité. Il se valide auprès de la CASS, dossier par dossier, avant la première paie. Un mauvais classement se corrige — mais rétroactivement, et c’est toujours désagréable. Les montants et les paliers sont par ailleurs révisés chaque année.

La règle d’or : le salaire bat le dividende jusqu’à 40 000 €

Voici le raisonnement, en une phrase. Un euro versé en salaire sort du résultat imposable : il vous fait économiser 10 % d’IS. En contrepartie, il supporte l’IRPF. Il suffit donc de comparer le taux d’IRPF marginal à ces 10 % d’IS :

  • De 0 à 24 000 € : IRPF à 0 % contre 10 % d’IS économisés. Le salaire gagne de 10 points. C’est de l’argent laissé sur la table si vous ne vous versez rien.
  • De 24 000 à 40 000 € : IRPF effectif ≈ 5 % contre 10 % d’IS. Le salaire gagne encore 5 points.
  • Au-delà de 40 000 € : IRPF marginal à 10 % contre 10 % d’IS. Parfaitement neutre — le choix se fait alors sur d’autres critères que le rendement.

D’où la règle que nous appliquons par défaut : un salaire d’environ 40 000 €, le solde en dividendes. À condition, bien sûr, d’être au régime du compte propre ; au compte d’autrui, les 22 % de CASS sur le salaire réel inversent l’arbitrage dès le premier euro au-dessus du strict nécessaire.

Le chiffrage, sur 150 000 € de résultat

Prenons une SL dégageant 150 000 € de résultat avant rémunération du dirigeant, associé unique, résident fiscal andorran, affilié au compte propre au palier haut. Voici ce que donnent quatre dosages.

Salaire verséIS payéDividendesIRPFCASSNet perçu
0 €15 000 €135 000 €0 €≈ 9 700 €≈ 125 300 €
24 000 €12 600 €113 400 €0 €≈ 9 700 €≈ 127 700 €
40 000 €11 000 €99 000 €800 €≈ 9 700 €≈ 128 500 €
60 000 €9 000 €81 000 €2 800 €≈ 9 700 €≈ 128 500 €
Simulation indicative 2026. L’optimum est atteint à 40 000 € de salaire ; au-delà, le résultat est identique — la neutralité annoncée se vérifie.

Entre le pire dosage (tout en dividendes) et le meilleur, l’écart est de 3 200 € par an. Ce n’est pas spectaculaire — c’est simplement 32 000 € sur dix ans, pour une décision qui prend cinq minutes une fois par an.

Andorre vs France : le même résultat, deux mondes

Reprenons les mêmes 150 000 €, cette fois dans une SASU française avec distribution intégrale.

ÉtapeAndorre (SL)France (SASU)
Résultat avant rémunération150 000 €150 000 €
Impôt sur les sociétés11 000 €33 250 €
Impôt personnel800 € (IRPF)36 660 € (PFU 31,4 %)
Cotisations sociales≈ 9 700 €
Net dans votre poche≈ 128 500 €≈ 80 090 €
Taux de prélèvement global≈ 14,3 %≈ 46,6 %
Hypothèses 2026 : dirigeant unique, distribution intégrale. Andorre : salaire 40 000 €, IS 10 %, dividendes exonérés, CASS compte propre. France : IS 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 %, PFU à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), aucune rémunération versée. Simulation indicative : votre situation mérite un chiffrage propre.

Plus de 48 000 € d’écart par an, à résultat identique et à travail identique. C’est ce que recouvre, très concrètement, la formule « fiscalité andorrane ». Notre simulateur d’impôt permet de projeter votre propre situation en quelques secondes.

Quatre erreurs qui coûtent cher

  • Se verser zéro salaire. C’est le réflexe le plus répandu et le plus coûteux : vous perdez 2 400 € d’économie d’IS chaque année, vous n’ouvrez aucun droit à la retraite andorrane, et vous vous privez d’une pièce précieuse pour démontrer votre présence effective en cas de contrôle.
  • Se sur-salarier sans raison. Au-delà de 40 000 €, le salaire n’apporte plus rien fiscalement. Il peut rester justifié — obtention d’un crédit immobilier, droits sociaux, exigences d’un partenaire — mais c’est alors une décision, pas un automatisme.
  • Distribuer sans respecter le formalisme. Un dividende suppose des comptes annuels arrêtés et approuvés, une réserve légale dotée et un bénéfice distribuable réel. Un virement du compte société vers le compte personnel n’est pas un dividende : c’est un compte courant, requalifiable.
  • Confondre les sources de dividendes. Seuls les dividendes de source andorrane sont exonérés. Ceux qui remontent d’une filiale étrangère suivent un autre régime — c’est précisément le rôle d’une holding andorrane bien structurée de traiter cette question en amont.

Le calendrier : quand décider, quand verser

La rémunération se décide avant l’exercice, pas après. Un salaire ne se rattrape pas rétroactivement : il se verse mois par mois, avec ses bulletins et ses déclarations CASS. Le dividende, lui, vient ensuite, une fois les comptes arrêtés.

  • Janvier : fixation du salaire de l’année et du palier CASS.
  • Chaque mois : bulletin de paie et déclaration CASS.
  • Premier semestre : arrêté et approbation des comptes annuels, décision de distribution.
  • Juillet (clôture au 31 décembre) : déclaration d’impôt sur les sociétés.
  • 1er avril – 30 septembre : déclaration d’IRPF personnelle.

C’est exactement le rythme que pilote notre service de comptabilité : chaque échéance anticipée, aucune décision prise dans l’urgence de décembre.

Et si vous n’êtes pas encore résident fiscal andorran ?

Alors l’équation ci-dessus ne vous concerne pas. L’exonération des dividendes n’existe que pour le résident fiscal andorran : versé à un non-résident, le même dividende sera imposé dans son pays de résidence, aux taux locaux. Une société andorrane détenue depuis la France ne produit aucun avantage ; elle produit surtout des risques.

La rémunération n’est donc pas le premier sujet : la résidence fiscale l’est. Et une fois installé, elle se documente — c’est l’objet de notre guide sur la preuve de résidence face au fisc français.

À retenir

  • Dividendes de source andorrane : exonérés d’IRPF chez le résident fiscal andorran
  • IRPF : 0 % jusqu’à 24 000 €, ≈ 5 % jusqu’à 40 000 €, 10 % au-delà
  • CASS : 22 %, mais sur une base plafonnée au compte propre (≈ 9 700 €/an au palier haut)
  • Règle d’or : salaire jusqu’à 40 000 €, solde en dividendes
  • Au-delà de 40 000 €, salaire et dividende sont fiscalement neutres
  • Sur 150 000 € de résultat : ≈ 128 500 € nets en Andorre contre ≈ 80 100 € en France
  • Aucune exonération sans résidence fiscale andorrane réelle

Le bon dosage dépend de trois variables : votre régime CASS, votre besoin de revenus réguliers et vos projets de financement. Nous le fixons avec vous en début d’exercice, puis nous l’ajustons chaque année — c’est cinq minutes de décision pour plusieurs milliers d’euros.

Vous créez votre structure ? Commencez par le bon véhicule : notre page création de société détaille les étapes, les délais et les coûts réels.

Pour aller plus loin

Optimiser ma rémunération

Questions fréquentes

Rémunération : vos questions.

Les dividendes sont-ils vraiment exonérés en Andorre ?

Oui, lorsqu’ils sont distribués par une société résidente fiscale d’Andorre à un associé lui-même résident fiscal andorran : ils ne sont pas imposés à l’IRPF, sans retenue à la source. La société ayant déjà payé son impôt sur les sociétés à 10 %, le bénéfice n’est imposé qu’une fois. En revanche, un dividende de source étrangère encaissé par un résident andorran relève de la base de l’épargne, à 10 %.

Quel salaire faut-il se verser depuis sa société andorrane ?

Environ 40 000 € par an, le solde en dividendes, pour un dirigeant affilié au régime du compte propre. Le raisonnement : chaque euro de salaire économise 10 % d’impôt sur les sociétés, alors qu’il ne supporte que 0 % d’IRPF jusqu’à 24 000 € puis environ 5 % jusqu’à 40 000 €. Au-delà de 40 000 €, l’IRPF marginal atteint 10 % et l’arbitrage devient neutre.

Combien coûte la CASS pour un dirigeant en Andorre ?

Le taux global est de 22 % (15,5 % employeur et 6,5 % salarié pour un salarié classique). Pour un travailleur pour compte propre, la base n’est pas le revenu réel mais une base adossée au salaire moyen de cotisation du pays, modulée par paliers. Au palier le plus élevé, la cotisation annuelle se situe autour de 9 700 € — et n’augmente plus, quel que soit le résultat de la société.

Vaut-il mieux se verser zéro salaire et tout en dividendes ?

Non. C’est le réflexe le plus courant et le plus coûteux : sur 150 000 € de résultat, il fait perdre environ 3 200 € par an par rapport au dosage optimal. Un salaire ouvre en outre des droits à la retraite andorrane, facilite l’obtention d’un crédit et constitue une pièce utile pour démontrer votre présence effective en Andorre.

Que reste-t-il sur 150 000 € de résultat, en Andorre et en France ?

Environ 128 500 € en Andorre avec une SL et un salaire de 40 000 €, contre environ 80 100 € en France avec une SASU distribuant l’intégralité du résultat — soit plus de 48 000 € d’écart annuel. Le taux de prélèvement global passe d’environ 46,6 % à environ 14,3 %. Simulation indicative 2026 : chaque situation mérite un chiffrage propre.

Puis-je bénéficier de l’exonération sans vivre en Andorre ?

Non. L’exonération des dividendes ne vaut que pour l’associé résident fiscal andorran. Versé à un non-résident, le dividende sera imposé dans son pays de résidence selon les règles locales. Une société andorrane détenue et dirigée depuis la France n’apporte aucun avantage : elle expose au contraire à une requalification au titre du siège de direction effective.

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