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Guide · Business

Travailler en Andorre :
salaires 2026, contrat et permis.

Un salaire minimum relevé deux fois dans l’année, un salaire moyen de 2 760 €, 6,5 % de cotisations salariales et un impôt sur le revenu souvent inférieur à 1 % du brut : voici ce que l’on gagne réellement en Andorre, ce que coûte un salarié à son employeur, et comment obtenir le droit d’y travailler.

Guide pratique13 min de lectureMis à jour le 15 septembre 2026

Travailler en Andorre en bref

  • Salaire minimum : 1 525,33 € par mois au 1er janvier 2026, porté à 1 568,67 € (9,05 € de l’heure) au 1er juillet 2026 par une hausse extraordinaire de 2,8 % (décret 253/2026).
  • Salaires réels : 2 760,46 € brut de moyenne en mai 2026 (+7,7 % sur un an) et 2 235,73 € de salaire médian, pour 44 729 salariés déclarés (Departament d’Estadística).
  • Prélèvements : 6,5 % de CASS pour le salarié, 15,5 % pour l’employeur. Un salaire de 60 000 € laisse environ 53 870 € nets, impôt sur le revenu compris.
  • Droit du travail : 40 heures hebdomadaires, 30 jours naturels de congés (ou 22 jours ouvrables), 14 jours fériés nationaux en 2026 auxquels s’ajoutent jusqu’à 4 fêtes de paroisse.
  • Permis : l’emploi d’un étranger suppose une autorisation d’immigration prise sur un quota — 800 autorisations au contingent général 2026 (décret 159/2026), élargi de 250 permis en juin pour les métiers en tension. Catalan niveau A1 exigé au premier renouvellement, A2 au second.

Sources : décrets 8/2026 et 253/2026 (salaire minimum), Departament d’Estadística d’Andorra (salaires de mai 2026, publication du 17 août 2026), CASS, loi 31/2018 de relations de travail, décrets 340/2025 et 159/2026, loi 2/2026. À jour au 15 septembre 2026.

On vient rarement en Andorre pour le salaire brut. On y vient pour ce qu’il en reste : 6,5 % de cotisations sociales, un impôt sur le revenu plafonné à 10 % et nul en dessous de 24 000 €, une TVA à 4,5 %. Un cadre payé 60 000 € conserve près de 90 % de sa rémunération, contre un peu plus de 60 % en France une fois les cotisations salariales et l’impôt acquittés. Encore faut-il pouvoir y travailler : le marché est petit, les permis sont contingentés, et le coût du logement absorbe une part du gain. Ce guide fait le tour de la question, du côté du salarié comme de celui de l’employeur.

Le marché du travail andorran en 2026

La Principauté comptait 44 729 salariés déclarés à la CASS en mai 2026, soit 1 112 de plus qu’un an plus tôt, pour une masse salariale mensuelle de 123,47 millions d’euros en hausse de 10,4 %. L’économie reste dominée par le commerce, le tourisme et l’hôtellerie, la construction et, depuis une décennie, par un secteur de services — finance, conseil, technologie, sport de haut niveau — que la fiscalité attire.

Deux conséquences pour qui envisage de s’y installer. D’une part, l’emploi salarié classique est rare et disputé : les postes qualifiés se pourvoient souvent par le réseau, et une bonne partie des recrutements vise des métiers en tension (santé, éducation, transport, hôtellerie) pour lesquels le Gouvernement ouvre des permis supplémentaires. D’autre part, la voie la plus fréquente pour un francophone n’est pas la candidature spontanée mais la création de sa propre structure : c’est l’objet de notre page création de société en Andorre et du statut de résidence active.

Salaire minimum et salaires réels en Andorre

Le salaire minimum interprofessionnel a été relevé deux fois en 2026. Fixé à 1 525,33 € par mois au 1er janvier (décret 8/2026), il a fait l’objet d’une revalorisation extraordinaire de 2,8 % au 1er juillet, décidée pour compenser l’accélération des prix : le décret 253/2026, publié au BOPA le 8 juillet 2026, porte le taux horaire de 8,80 € à 9,05 € et le salaire mensuel de référence à 1 568,67 € pour la durée légale du travail.

IndicateurMontant brut mensuelPrécision
Salaire minimum (depuis le 1er juillet 2026)1 568,67 €9,05 € de l’heure — décret 253/2026
Salaire minimum (1er janvier 2026)1 525,33 €8,80 € de l’heure — décret 8/2026
Salaire médian (mai 2026)2 235,73 €+5,2 % sur un an : la moitié des salariés gagnent moins
Salaire moyen (mai 2026)2 760,46 €+7,7 % sur un an
Salaires déclarés à la CASS, données semi-définitives publiées par le Departament d’Estadística le 17 août 2026. L’écart entre moyenne et médiane traduit le poids des rémunérations élevées du secteur financier et des services.

Comparer ces montants à ceux d’un salaire français n’a de sens qu’en net et après impôt : c’est là que l’écart se joue, et c’est l’objet de la section suivante. Gardez toutefois à l’esprit que le coût de la vie andorran — en particulier le logement, dont nous détaillons l’état du marché dans notre guide de la location en Andorre — absorbe une partie du gain pour les salaires modestes.

Du brut au net : ce qui reste vraiment

Le calcul tient en trois lignes. Le salarié supporte 6,5 % de cotisations CASS. Pour l’impôt sur le revenu, la loi permet de déduire ces cotisations du revenu du travail, ainsi qu’un forfait de 3 % de frais plafonné à 2 500 € ; sur le solde s’applique l’abattement général de 24 000 €, puis un taux de 10 % atténué par une bonification plafonnée à 800 €.

Salaire brut annuelCASS 6,5 %IRPFNet estiméPart conservée
30 000 €1 950 €≈ 158 €27 892 €93,0 %
60 000 €3 900 €≈ 2 230 €53 870 €89,8 %
120 000 €7 800 €≈ 7 770 €104 430 €87,0 %
Calcul indicatif 2026 : revenu du travail diminué des cotisations CASS et du forfait de frais de 3 % (plafonné à 2 500 €), abattement général de 24 000 €, taux de 10 % et bonification de 800 € au-delà de 40 000 €. Hors réductions liées à la situation personnelle et familiale, qui peuvent encore abaisser l’impôt.

Autrement dit : un salarié andorran conserve de 87 à 93 % de son brut. Le même raisonnement appliqué à un dirigeant qui arbitre entre salaire et dividendes figure dans notre guide de la rémunération du dirigeant, et le détail du barème dans notre guide de l’impôt sur le revenu. Vous pouvez aussi tester votre propre situation avec le simulateur d’impôt Andorre / France.

Contrat, temps de travail et congés : ce que prévoit la loi 31/2018

Les relations de travail sont régies par la loi 31/2018 du 6 décembre, de relations de travail. Ses principes sont proches du droit français, mais nettement plus souples :

  • Durée du travail : 40 heures hebdomadaires de travail effectif, avec possibilité de calcul trimestriel, semestriel ou annuel. Toute journée continue de six heures ou plus ouvre droit à une pause rémunérée d’au moins 30 minutes.
  • Congés payés : 30 jours naturels par an, ou 22 jours ouvrables selon la formule retenue au contrat. Ils ne peuvent pas faire l’objet d’une renonciation ; en cas de fractionnement, le salarié doit pouvoir prendre au moins 14 jours consécutifs (10 jours ouvrables dans la seconde formule).
  • Jours fériés : le calendrier 2026, approuvé par le décret 340/2025 publié le 1er octobre 2025, compte 14 jours fériés nationaux. Quatre d’entre eux ne sont pas déplaçables, y compris dans le tourisme : le Nouvel An, la fête de la Constitution le 14 mars, Nostra Senyora de Meritxell le 8 septembre et Noël. Chaque comú peut ajouter jusqu’à quatre fêtes de paroisse, rémunérées et non récupérables : selon l’endroit où l’on travaille, on compte donc 16 à 18 jours chômés dans l’année.
  • Période d’essai : le contrat peut en prévoir une, dont la durée varie avec la qualification du poste ; pendant cette période, chaque partie peut rompre sans formalité.

Le contrat peut être conclu à durée indéterminée ou déterminée, à temps plein ou partiel. Il précise la rémunération, la durée du travail et la fonction, et l’écrit s’impose dans la plupart des cas. La paie mentionne obligatoirement les heures de travail effectif depuis 2023 : une exigence de la CASS qui a mis fin aux déclarations forfaitaires.

Obtenir le droit de travailler : permis, quotas et catalan

Un ressortissant étranger — français compris, l’Andorre n’étant pas membre de l’Union européenne — ne peut pas travailler sur simple contrat. Il lui faut une autorisation d’immigration de résidence et de travail, sollicitée par l’employeur et imputée sur un quota fixé par le Gouvernement. Le contingent général 2026 a été arrêté à 800 autorisations par le décret 159/2026 du 29 avril 2026, en baisse assumée par rapport à l’année précédente pour contenir la croissance démographique ; il a été élargi de 250 permis en juin 2026 afin de couvrir des métiers essentiels et des professions stratégiques faute de candidats sur place.

Trois familles d’autorisations coexistent : la résidence et travail pour compte d’autrui (le salarié classique), la résidence et travail pour compte propre (le dirigeant ou l’indépendant, qui suppose une société et une implication effective dans sa gestion), et le travail frontalier, qui autorise à travailler en Andorre en résidant de l’autre côté de la frontière. Les autorisations temporaires couvrent enfin les chantiers et les saisons touristiques.

Depuis avril 2026, la loi 2/2026 ajoute une condition linguistique : un niveau A1 de catalan est exigé au premier renouvellement de l’autorisation de résidence et de travail, et A2 au second. Ce n’est pas un obstacle insurmontable — les cours publics sont accessibles et gratuits pour les résidents — mais c’est un point à anticiper dès l’arrivée, surtout pour une famille. Les autres changements introduits par ce texte sont détaillés dans notre guide des réformes 2026.

Embaucher en Andorre : les étapes et le coût réel

Côté employeur, la séquence est stricte et l’ordre compte :

  1. Vérifier la disponibilité du quota et le type d’autorisation adapté au poste ; un candidat déjà résident en Andorre échappe à cette contrainte.
  2. Déposer la demande d’autorisation d’immigration auprès du Service d’immigration, avec l’offre d’emploi, les pièces du candidat (casier judiciaire, examen médical) et un justificatif de logement en Andorre.
  3. Signer le contrat de travail et respecter le salaire minimum ainsi que les conditions de la loi 31/2018.
  4. Affilier le salarié à la CASS dans les sept jours qui précèdent le début de la relation de travail, au plus tard le jour même.
  5. Déclarer et payer chaque mois, entre le 1er et le 15, les cotisations et les retenues d’IRPF. Tout retard entraîne une majoration de 5 % jusqu’à un mois, 10 % de un à six mois, 20 % au-delà.
Salaire brut mensuelCharge employeur (15,5 %)Coût total employeurNet de cotisations pour le salarié
1 568,67 € (minimum)243,14 €1 811,81 €1 466,71 €
2 760,46 € (moyen)427,87 €3 188,33 €2 581,03 €
4 000 €620,00 €4 620,00 €3 740,00 €
Cotisations CASS 2026. Aucune cotisation chômage, aucune complémentaire santé ou retraite obligatoire, aucune taxe assise sur la masse salariale : le coût d’un emploi se limite au brut majoré de 15,5 %.

C’est l’écart décisif avec la France, où les charges patronales s’ajoutent au brut dans des proportions bien supérieures. Pour une PME qui emploie dix personnes, la différence se chiffre en centaines de milliers d’euros par an. La contrepartie est administrative : le recrutement d’un non-résident dépend d’un quota qui peut être épuisé. Notre cabinet gère ces démarches avec la paie mensuelle — voir nos services de comptabilité et déclarations.

Fin de contrat : préavis, indemnités, absence de chômage

La loi 31/2018 autorise le licenciement non causal : l’employeur peut mettre fin au contrat sans invoquer de motif, moyennant un préavis de 12 jours par année d’ancienneté, plafonné à 30 jours, et une indemnité de 25 jours de salaire par année travaillée (au prorata pour une année incomplète). Le salaire journalier de référence correspond au salaire mensuel fixe du dernier mois divisé par 30, augmenté de la moyenne de la part variable des douze derniers mois.

Cette souplesse a un revers qu’il faut mesurer avant de s’expatrier pour un emploi : il n’existe pas d’assurance chômage en Andorre. Seule une aide sociale ponctuelle pour désocupation involontaire, instruite par le ministère des Affaires sociales, peut être sollicitée : 62 demandes en 2025, la moitié environ accordées. Or l’autorisation de résidence et de travail est adossée à l’emploi : la perdre, c’est fragiliser son titre de séjour et, avec lui, son logement et sa couverture santé. Nous conseillons systématiquement de constituer une réserve de trésorerie personnelle avant l’installation, et de vérifier sa couverture — sujet traité dans notre guide de la santé et de la sécurité sociale.

Travailler en Andorre sans y être salarié : frontalier, indépendant, télétravail

Trois situations reviennent souvent, et elles n’ont pas les mêmes conséquences :

  • Le travailleur frontalier réside en Espagne ou en France et travaille en Andorre sous autorisation spécifique, également contingentée. Il cotise à la CASS mais reste résident fiscal de son pays de résidence : l’avantage andorran ne joue alors que très partiellement.
  • L’indépendant ou le dirigeant crée sa structure, obtient une autorisation de résidence et travail pour compte propre et relève du compte propre à la CASS. C’est la voie la plus courante pour les profils francophones : consultants, traders, créateurs de contenu, éditeurs de logiciels. Nos pages société SL et freelances et consultants en détaillent les conditions.
  • Le télétravail depuis l’Andorre pour un employeur étranger est possible, mais il ne s’improvise pas : il suppose un titre de séjour valable, une affiliation sociale cohérente et, côté employeur, la gestion d’un salarié hors de son territoire. Dans la plupart des dossiers que nous traitons, la solution passe par une société andorrane facturant l’ancien employeur, ou par le statut de nomade digital lorsqu’il s’y prête.

Une mise en garde, enfin : travailler depuis l’Andorre tout en conservant son foyer en France n’est pas un montage neutre. La résidence fiscale se prouve, et la convention de 2013 tranche en cas de double revendication. C’est l’objet de notre guide prouver sa résidence fiscale en Andorre.

À retenir

  • Salaire minimum : 1 568,67 € par mois, 9,05 € de l’heure depuis le 1er juillet 2026
  • Salaire moyen 2 760 €, médian 2 236 €, 44 729 salariés (mai 2026)
  • Le salarié conserve 87 à 93 % de son brut, CASS et IRPF déduits
  • Coût employeur : brut + 15,5 %, sans autre charge assise sur la masse salariale
  • 40 heures, 30 jours de congés, 16 à 18 jours fériés selon la paroisse
  • Permis contingenté (800 + 250 en 2026), catalan A1 puis A2 aux renouvellements, aucune assurance chômage

Chaque projet professionnel andorran se décide sur trois chiffres : ce que vous gagnerez net, ce que coûtera votre logement, et la probabilité d’obtenir le permis adapté à votre situation. Nous les établissons avec vous avant tout engagement, contrat ou création de société à l’appui. Pour la suite, poursuivez avec notre guide pour s’expatrier en Andorre.

Pour aller plus loin
Questions fréquentes

Travailler en Andorre : vos questions.

Quel est le salaire minimum en Andorre en 2026 ?

1 568,67 € brut par mois, soit 9,05 € de l’heure, depuis le 1er juillet 2026 : le décret 253/2026 a relevé de 2,8 % le montant fixé au 1er janvier (1 525,33 € et 8,80 € de l’heure) pour compenser l’inflation.

Quel est le salaire moyen en Andorre ?

2 760,46 € brut en mai 2026, en hausse de 7,7 % sur un an, pour 44 729 salariés déclarés à la CASS. Le salaire médian s’établit à 2 235,73 € : la moitié des salariés gagnent moins (Departament d’Estadística).

Combien coûte un salarié à son employeur en Andorre ?

Le salaire brut majoré de 15,5 % de cotisations CASS, et rien d’autre : ni chômage, ni complémentaire obligatoire, ni taxe sur la masse salariale. Un salaire de 2 760 € coûte 3 188 € par mois ; le salaire minimum coûte 1 812 €.

Faut-il un permis pour travailler en Andorre ?

Oui. L’Andorre n’appartient pas à l’Union européenne : un Français a besoin d’une autorisation d’immigration de résidence et de travail, demandée par l’employeur et imputée sur un quota. Le contingent général 2026 s’élève à 800 autorisations (décret 159/2026), élargi de 250 permis en juin 2026 pour les métiers en tension.

Combien de congés payés et de jours fériés ?

30 jours naturels de congés annuels (ou 22 jours ouvrables selon la formule du contrat), avec au moins 14 jours consécutifs garantis. S’y ajoutent 14 jours fériés nationaux en 2026 et jusqu’à 4 fêtes de paroisse, soit 16 à 18 jours chômés selon la commune.

Peut-on toucher le chômage en Andorre ?

Non : il n’existe pas d’assurance chômage contributive. Une aide sociale ponctuelle pour désocupation involontaire peut être demandée au ministère des Affaires sociales (62 demandes en 2025, la moitié environ accordées). La perte d’emploi met par ailleurs en cause l’autorisation de résidence et de travail.

Faut-il parler catalan pour travailler en Andorre ?

Pas pour être embauché, mais oui pour durer : depuis avril 2026, le renouvellement d’une autorisation de résidence et de travail exige un niveau A1 de catalan au premier renouvellement et A2 au second. Le français et l’espagnol restent très largement pratiqués dans la vie professionnelle.