En bref : être indépendant en Andorre en 2026.
- Le statut d’auto-entrepreneur existe-t-il ? Non. On exerce soit comme travailleur indépendant (dit « pour compte propre »), soit à travers une société, le plus souvent une SL.
- Un étranger peut-il s’installer en indépendant ? Avec une autorisation de résidence et de travail pour compte propre. Hors professions réglementées, elle suppose une société andorrane détenue à plus de 34 %, dont il est administrateur, et un versement définitif de 50 000 € à l’AFA (loi 2/2026).
- Quelles cotisations ? CASS à 22 % sur une base forfaitaire de 25 à 137,5 % du salaire moyen, avec une base réduite à 25 % pendant les douze premiers mois d’activité.
- Quels impôts ? IRPF à 10 % après un minimum exonéré de 24 000 € ; IGI (TVA andorrane) seulement au-delà de 40 000 € d’opérations par an.
Réponses synthétiques d’Andorre Gestoria, cabinet fiscal et patrimonial francophone à Canillo (RLG CAPITAL, SL). Détails et sources dans l’article — à jour au 15 octobre 2026.
En France, la micro-entreprise séduit par sa simplicité : inscription en ligne, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires, comptabilité allégée. En Andorre, ce régime n’existe pas — et c’est souvent la première surprise des indépendants qui préparent leur installation. Le droit andorran connaît bien le travailleur pour compte propre, mais avec des règles d’accès, de cotisation et d’imposition différentes. Voici lesquelles.
La micro-entreprise n’existe pas en Andorre : ce qui en tient lieu
Aucun régime andorran ne regroupe, comme la micro-entreprise française, inscription simplifiée, forfait social et forfait fiscal. Deux allègements s’en rapprochent partiellement :
- À l’IRPF, le revenu d’activité peut être déterminé selon une méthode objective lorsque le chiffre d’affaires de l’année précédente ne dépasse pas 300 000 € (150 000 € pour les activités professionnelles), avec un engagement de trois ans (loi 5/2014, art. 17) ; sinon, le bénéfice réel est retenu (art. 16).
- À l’IGI, une personne physique n’est pas assujettie tant que ses opérations ne dépassent pas 40 000 € par an (au prorata la première année), sauf option pour trois ans (loi 11/2012, art. 5.4).
Pour le reste, l’indépendant andorran tient une activité déclarée, cotise à la CASS et dépose ses déclarations comme tout professionnel.
Devenir indépendant en Andorre quand on est étranger
Un étranger ne peut exercer en son nom propre que s’il réside en Andorre avec une autorisation de résidence et de travail (loi 12/2013, art. 6). Pour une activité indépendante, c’est l’autorisation pour compte propre (loi qualifiée d’immigration, art. 38 ter), délivrée dans la limite d’une quota annuelle. Depuis la loi 2/2026, entrée en vigueur le 13 février 2026, deux voies coexistent :
- Profession libérale réglementée (titulaire d’un diplôme et d’une autorisation d’exercice) : après la réservation de l’autorisation, trois mois pour produire l’autorisation d’exercer et l’inscription à l’ordre professionnel.
- Tous les autres cas : après la réservation, six mois pour justifier d’une autorisation d’investissement étranger, d’une société andorrane détenue à plus de 34 % et dont on est administrateur avec une direction effective, et d’un versement de 50 000 € à l’Autorité financière andorrane (AFA), définitif — il n’est restitué qu’en cas de refus de l’autorisation initiale. Certains projets agréés (innovation, numérique à forte valeur technologique) en sont exemptés.
Autrement dit : pour un nouvel arrivant étranger qui n’exerce pas une profession réglementée, l’indépendance passe en pratique par une société. Les règles se sont durcies en deux temps — plus de 20 % du capital et un dépôt remboursable avant 2025, plus de 34 % avec la loi 5/2025, puis un versement non remboursable avec la loi 2/2026 (les demandes déposées avant le 22 janvier 2026 restent soumises à l’ancien régime). Pour renouveler l’autorisation, il faut ensuite avoir résidé au moins 183 jours par an en Andorre.
Les démarches, dans l’ordre
- Réservation de l’autorisation de résidence et de travail pour compte propre auprès du service d’immigration.
- Structure : autorisation d’investissement étranger, création de la société et nomination comme administrateur (voir notre guide du registre des sociétés), versement à l’AFA — ou, pour une profession réglementée, autorisation d’exercer et inscription à l’ordre.
- Autorisation de résidence et de travail, puis inscription au comú de votre paroisse.
- Ouverture de l’activité : dans les trois mois, un commerce inscrit et actif — autorisation d’ouverture au comú et inscription au Registre de Comerç.
- Enregistrement fiscal (NRT), puis déclarations d’IRPF ou d’impôt sur les sociétés et, au-delà du seuil, d’IGI.
- Affiliation à la CASS au régime des travailleurs pour compte propre.
Les cotisations CASS d’un indépendant en 2026
Relèvent du régime « compte propre » de la CASS (loi 17/2008, art. 19) les professions réglementées, les titulaires d’un commerce et les administrateurs rémunérés non salariés, dès lors qu’ils résident légalement en Andorre. La cotisation de 22 % (10 % pour la branche générale, 12 % pour la retraite) ne porte pas sur le revenu réel mais sur une base forfaitaire, choisie selon le revenu net et le chiffre d’affaires de l’année précédente.
| Base (% du salaire moyen) | Base mensuelle | Cotisation mensuelle (22 %) |
|---|---|---|
| 25 % (début d’activité ou faibles revenus) | 668,13 € | 146,99 € |
| 50 % (minimum, ramené au salaire minimum) | 1 568,67 € | 345,11 € |
| 75 % | 2 004,39 € | 440,97 € |
| 100 % (cas général) | 2 672,52 € | 587,95 € |
| 137,5 % (revenu net > 50 000 €) | 3 674,72 € | 808,44 € |
| Paliers intermédiaires de 62,5 % et 125 %. Source : CASS, barème des travailleurs pour compte propre 2026. | ||
Deux dispositifs allègent le démarrage : une base réduite à 25 % pendant les douze premiers mois d’activité, sur demande ; et, pour les moins de 35 ans, un régime spécial sur 24 mois, assis sur 55 % du salaire minimum (86,27 € par mois la première année, branche générale seule, puis 189,81 € retraite comprise). Pour un administrateur de société nouvellement créée, l’obligation de cotiser commence trente jours après l’inscription de la société au registre. Le détail des prestations figure dans notre guide santé et sécurité sociale.
Les impôts de l’indépendant : IRPF et IGI
Le revenu d’activité d’un indépendant résident est soumis à l’IRPF : taux de 10 %, minimum personnel exonéré de 24 000 € et bonification de 50 % de l’impôt sur les revenus d’activité, plafonnée à 800 €. Concrètement, le taux marginal est de 0 % jusqu’à 24 000 €, de 5 % jusqu’à 40 000 € et de 10 % au-delà (détail dans notre guide de l’impôt sur le revenu). Côté consommation, l’IGI au taux général de 4,5 % ne s’applique qu’au-delà de 40 000 € d’opérations par an, sauf option (voir le guide de l’IGI).
Indépendant en nom propre ou SL ?
| Indépendant en nom propre | Société (SL) | |
|---|---|---|
| Accès pour un nouvel arrivant étranger | Surtout pour les professions réglementées | Voie de droit commun (plus de 34 % du capital, administrateur) |
| Responsabilité | Sur le patrimoine personnel | Limitée aux apports |
| Imposition du bénéfice | IRPF (0 à 10 %) | IS à 10 %, dividendes de source andorrane exonérés d’IRPF |
| CASS du dirigeant | Compte propre (base forfaitaire) | Compte propre s’il est administrateur rémunéré non salarié |
| Formalités | Commerce, NRT, CASS | En plus : statuts, registre, comptes annuels |
Le bon dosage entre salaire et dividendes se calcule : c’est l’objet de notre guide salaire ou dividendes et de notre page freelances et consultants.
Garder sa micro-entreprise française en vivant en Andorre ?
C’est la question la plus fréquente, et la réponse est nuancée. Côté français, un non-résident peut relever du régime micro pour ses revenus de source française. Mais dès lors que vous vivez et travaillez physiquement en Andorre :
- exercer une activité en Andorre sans autorisation constitue de l’exercice illégal (intrusisme, loi 12/2013, art. 27) ; hors autorisation, seule une intervention ponctuelle de trente jours par an au plus peut être déclarée ;
- la sécurité sociale applicable est celle du pays où l’activité est exercée (convention franco-andorrane, art. 4) ;
- les bénéfices sont imposables dans l’État de résidence, sauf établissement stable dans l’autre (convention fiscale de 2013, art. 7).
En résumé, la micro-entreprise française n’est pas un véhicule pour vivre en Andorre. Les voies sérieuses sont la société andorrane avec résidence pour compte propre, ou, pour ceux qui travaillent à distance pour des clients établis hors d’Andorre, les résidences étudiées dans notre guide nomade digital. Et si vous envisagez de garder votre activité en France, lisez d’abord société en Andorre sans y vivre.
À retenir
- Pas de régime micro-entrepreneur en Andorre : indépendant « compte propre » ou société
- Étranger hors profession réglementée : société détenue à plus de 34 %, administrateur, 50 000 € versés à l’AFA (définitifs depuis la loi 2/2026)
- CASS : 22 % d’une base forfaitaire, base réduite à 25 % la première année, régime spécial des moins de 35 ans
- IRPF : 0 % jusqu’à 24 000 €, 5 % jusqu’à 40 000 €, 10 % au-delà ; IGI au-delà de 40 000 € d’opérations
- 183 jours de résidence par an pour renouveler l’autorisation